Au moment où l’on s’apprête à commémorer les 40 ans des événements de mai 1968, j’ai envie de raconter mon histoire.
Quand j’ai débarqué,venant de Lamballe, avec ma valise, gare Montparnasse, au début du mois de février 1968 pour rejoindre mon affectation, au central téléphonique de Paris Inter archives après une réussite au concours externe d’agent des PTT, j’étais loin d’imaginer que j’allais vivre, 3 mois après, une période déterminante pour la suite de ma vie.
J’étais un jeune homme de 23 ans, arrivé de mes Côtes du Nord de l’époque, Côtes d’Armor aujourd’hui, heureux d’avoir un emploi dans une grande administration au service du public. Le hasard des affectations a fait que mon premier métier allait être opérateur téléphonique, avec un casque sur la tête, une fiche entre les mains pour mettre les gens en relation entre eux.
Très vite je m’intéressais au syndicat local, probablement une influence familiale, mon père était délégué syndical CGT au Haras de Lamballe.
Puis vinrent les grèves et le 13 mai, le central téléphonique entrait dans le mouvement. Les assemblées générales, les piquets de grèves et les manifestations étaient notre quotidien. Nous voulions changer la France et le Monde…..
Les manifestations, avec leurs parcours traditionnels, Nation Bastille, Nation République, étaient des moments de ferveur populaire impressionnants pour le jeune provincial que j’étais. J’ai conservé ma carte de grèves qui marque 18 jours de grèves avec reprise du travail le 19ème jour, le 6 juin exactement.
Et puis on y fait des rencontres. J’y ai fait une rencontre. Une petite jeune fille brune, à l’accent chantant, qui allait devenir ma femme six mois plus tard.
J’ai conservé aussi des coupures de journaux (l’Humanité, Noir et blanc) et des photos où j’apparais avec une jeune fille sur mes épaules lors de l’immense manifestation du 29 mai (le jour où disparaissait de Gaulle!). La légende présente cette photo comme une « passionnaria » en herbe sur les épaules d’un camarade galant.
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