Partis en car de Lorient vers 5h30, après un passage à Auray et Vannes pour prendre des passagers, nous voilà en route pour un périple à travers la France (
Angers, Tours, Mâcon).
L’itinéraire de l’autoroute francomtoise nous amène sur l’autoroute Blanche, chantier pharaonique qui nous permet de franchir les vallées de Haute-savoie , puis Chamonix. La traversée du tristement célèbre tunnel du Mont Blanc ( nous avons eu, toutes et tous, une pensée pour les victimes de la catastrophe) nous
conduit vers la vallée d’Aoste avant de gagner la plaine du Pô et les portes de Vérone. C’est là que commence véritablement notre voyage.
Ah !Vérone ! Roméo, Juliette….. ! Le guide nous apprendra que l’histoire, cruelle, de la tragédie de Shakespeare alimente la légende matérialisée à Vérone par la maison de Juliette et celle de Roméo. Cette visite guidée de deux heures, en partie sous la pluie, nous fait découvrir quelques monuments historiques comme les arènes et la piazza Bra, la piazza delle Erbe et le palais Maffei, la piazza dei Signori et l’élégante Loggia del Consiglio, sans oublier la splendide enceinte de tombeaux gothiques à côté de l’église Santa Maria Antica et puis la fameuse maison de Juliette et son balcon.
Le voyage se poursuit par un bel itinéraire le long de la rivière Brenta, dans la campagne vénitienne. Nous visiterons l’une des nombreuses villas érigées dans le style palladien, la villa Valmarana à Mira. Nous nous dirigeons ensuite vers la station balnéaire de Lido di Jesolo sur le rivage de l’Adriatique où nous séjournerons trois jours, base de départ, pour visiter Venise et ses îles.
La première journée est consacrée à la découverte de Venise que nous gagnerons en bateau depuis Punta Sabbioni, parking obligatoire, à quelques kilomètres de Lido di Jesolo, afin de traverser la célèbre lagune et d’arriver ainsi au cœur de la cité par la mer. A fur et à mesure que l’on s’approche de la cité des Doges, on aperçoit au loin, la façade du palais, le Campanile et la pointe verte à quatre faces de son toit. Les bateaux déversent les groupes de touristes sur les quais qui deviennent rapidement noirs de monde de toutes les nationalités. Dominique nous a mis en garde contre les pickpockets et les risques de se perdre en s’attardant et prendre par mégarde le pas d’un autre groupe.
Monument incontournable, le palais des Doges, est notre première visite après une longue attente. Dans la
bousculade nous arrivons enfin dans la cour, émerveillés par l’édifice qui l’a délimite. Le bâtiment est impressionnant de l’extérieur comme de l’intérieur : la façade méridionale et ses
panneaux de marbre blanc et rose, la façade orientale que l’on admire depuis le Pont de la Paille, l’Escalier des Géants et ses statues colossales de Mars et de Neptune, l’Escalier d’Or orné de
stucs blancs et or qui mène aux nombreuses salles du 1er étage. Ce qui m’a surtout impressionné, ce sont les salles : salles des Quatre Portes et les fresques du Tintoret, la
Salle de l’Anticollège avec l’Enlèvement d’Europe de Véronèse, la salle du Collège et sa décoration de la renaissance vénitienne, la salle du Grand conseil et Le Paradis, immense toile du
Tintoret. J’ai ressenti une sensation bizarre en imaginant les prisonniers se rendant au tribunal ou retournant à leurs cellules, en traversant le Pont des Soupirs qui mène de la salle du Grand
Conseil aux Nouvelles Prisons.
La Place Saint- Marc grouille de monde et de pigeons qui n’hésitent pas à se poser sur les touristes qui leur donnent des graines. J’ai lu récemment que le maire de la ville avait interdit la vente de graines pour déloger les pigeons qui, il faut le reconnaître, salissent la place et les monuments…..
La visite de la basilique, faite au pas de charge, tant la foule est importante, ne m’a pas permis d’admirer les mosaïques , les marbres et les œuvres d’art qui couvrent les murs du sol au plafond. J’ai préféré m’attarder à regarder la façade centrale d’aspect byzantin, certain le qualifie de primitif : les arcades, la terrasse, les copies de cuivre doré des célèbres chevaux de St Marc, le couronnement gothique au-dessus des arcades supérieures ….un chef-d’œuvre.
Pour fuir la foule il faut pénétrer dans le cœur de Venise et encore, difficile de ne pas croiser ou suivre des promeneurs comme nous à la recherche d’un lieu insolite. Il faut suivre les canaux et passer d’une rive à l’autre par de nombreux petits ponts de pierre ou de bois. La signalétique nous ramène toujours, si nous le voulons, à la place St-Marc, donc pas de risque de se perdre.
La Gallerie Dell’ Accademia située dans le quartier Dorsoduro, rive droite du Canal Grande , est une visite indispensable pour l’amateur de peinture. J’en ai eu plein les yeux ! Des chefs-d’œuvre de la Renaissance partout, de tous les côtés. C’est, nous dit la guide, l’un des plus grands musées du monde dont l’intérêt réside dans sa collection de peinture vénitienne : Giorgiono (la Tempête), Tintoret (le miracle de saint Marc), Véronèse (Repas chez Lévi), Gentille Bellini (la Procession sur la place Saint-Marc) pour ne citer que les plus connus.
Une petite marche, de l’Accademia par les ruelles commerçantes, nous porte vers l’église Santa Maria Gloriosa dei Frari, grand pôle artistique de Venise. Là, je découvre une œuvre majeure de Le Titien , l’Assomption, puis dans la sacristie le « Triptyque de la Vierge entourée de saints » de Giovanni Bellini. J’ai moins apprécié l’édifice pyramidal dessiné par Canova pour Le Titien.
Le vaporetto, c’est le métro vénitien. Le bateau à moteur et la gondole sont les seuls moyens de locomotion … avec la marche bien sûr. Le groupe est embarqué à une station près de la gare ferroviaire. Eh oui, le train arrive
jusqu’à Venise ! La navigation sur le Grand Canal nous fait découvrir les superbes et nombreux palais vénitiens de part et d’autre des berges. Au passage on peut admirer le pont Rialto. Un
palais a attiré mon attention, le palais Grassi, palais acheté par François Pinault pour son musée d’art contemporain. Pas le temps de s’y arrêter mais au passage nous apercevons une œuvre très
métallique.
Venise c’est aussi les îles de Murano, Burano et Torcello. Nous allons les découvrir en
bateau.
Nous arrivons à Murano après avoir longé la muraille de briques roses de l’île de St Michel, le cimetière de Venise. Elle est mondialement connue pour ses verreries. Une petite halte dans la verrerie Ferro Lazzarini où une démonstration d’un souffleur nous est proposée avec, évidemment, le passage obligé d’une salle d’exposition. Quelques achats pour certains, promenade et visite de boutiques de verriers pour d’autres, nous partons pour Burano en évitant , de justesse, de laisser Vicente sur le quai.
Burano est réputée pour sa dentelle (merletto) aujourd’hui essentiellement fabriquée en Asie, mais aussi par ses
petites maisons aux couleurs vives et criardes, peintes, nous dit-on, par les femmes des marins pêcheurs afin que ceux–ci reconnaissent leur foyer de loin après quelques excès de beuverie!
Nous déjeunons au restaurant Galuppi, situé sur l’artère du même nom, où un beau guitariste nous interprète quelques chansons...françaises reprisent en cœur par le groupe. Les murs du restaurant
sont couverts de tableaux réalisés par le patron dont certains ne laissent pas indifférents.
Après une promenade digestive, embarquement pour Torcello. Le contraste est saisissant, entre l’animation de
Murano et de Burano et le calme de Torcello. La basilique Di Santa Maria Assunta témoigne de sa splendeur et de sa puissance passée. Une courte visite nous permet de découvrir de magnifiques
mosaïques vénéto-bysantine.
La visite de Trieste s’est faite sur le retour du voyage en Istrie
(Croatie). Je suis resté sur ma faim car nous n’avons pas pu prendre le temps de parcourir les principaux sites de la ville. Les immeubles sont marqués par l’empreinte de l’empire autrichien.
Le car nous dépose devant la gare centrale pour une pause café en attendant la guide qui nous fera visiter la ville . Le car nous transporte au sommet du col de San Giusto qui surplombe la ville
et le port. Le point de vue est magnifique. A l’horizon, on aperçoit la silhouette pyramidale du Temple Marial de Monte Grisa.
Le monument aux morts de la 1ère guerre mondial érigé par Mussolini sur le Forum romain est imposant de force. Nous ne pourrons pas pénétrer dans la cathédrale de Saint Juste en raison
de l’office religieux.
Puis nous descendons dans la ville pour nous retrouver sur la Piazza Unità, devant le Palazzo de Governo dont la façade colorée est un peu en dehors
des goûts de la ville. Sur cette grande place nous avons également la fontaine baroque des Quatre Continents qui sert de perchoir aux pigeons et l’Hôtel de ville avec sa tourelle et son
horloge.
Avant de nous rendre au restaurant, nous passons devant le Théâtre Verdi et traversons la galerie Tergesteo.
Quelques pas plus loin nous voilà sur le Grand Canal. Au fond, l’église Sant' Antonio Nuovo , et sur un pont, comme un promeneur solitaire, la statue de James Joyce, qui rappelle qu’il vécut à
Trieste, vous savez, « Ulisse » c’est lui. Nous le retrouverons d’ailleurs assis à une terrasse d’un café à Pula en Istrie.
Le séjour en Italie se termine par une nuitée sur les hauteurs du lac de Garde que nous apercevrons à peine dans
la brume.
Je continuerai le récit du voyage en Istrie dans une deuxième partie…..
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